Editorial
Politique éducative…
et éducation politique…
Le Collège Melkart, depuis 36 ans déjà, développe un projet éducatif basé sur un ensemble de valeurs morales, humaines et intellectuelles. Elles constituent l’essentiel de ce qui fait sens pour un être humain, en donnant un sens à sa propre vie. S’il est vrai que l’éducation se nourrit de valeurs, le sens qu’on leur donne devrait s’enraciner chez nos jeunes et façonner leur devenir, dans un tremblement de leur être, comme un séisme façonne la terre, en surface et en profondeur.
Depuis septembre 2004, nous avons voulu insister sur certaines valeurs de la citoyenneté en général et d’un bon citoyen libanais en particulier. Il nous a semblé, à juste titre, que cette éducation à la citoyenneté était prioritaire au Liban. Les notions de respect, de tolérance, de non violence et d’intégrité morale demeurent un souci majeur de notre politique éducative. Ces notions, certes urgentes en ces temps difficiles, constituent l’axe principal autour duquel tourne notre politique d’encadrement et d’accompagnement de nos élèves.
Cependant, il y a des jours où nous nous sentons tous naviguer à contre courant. Chaque fois que les adultes de notre société et les grands de notre pays occultent ces notions, la répercussion chez les plus jeunes est inéluctable et le travail entrepris saboté…
Faudrait-il alors penser à une politique éducative…de la politique ?
Il est certain que l’éducation est un éternel recommencement, un perpétuel réinvestissement des acquis…
Faudrait-il alors penser à une autre forme d’éducation citoyenne de nos jeunes ?
Dans la perspective du mythique « triangle pédagogique », nous avons toujours cherché à articuler le savoir, l’enseignant et l’enseigné. Dans la perspective de l’éducation à la citoyenneté, nous insistons fortement sur l’articulation entre les trois pôles de l’incontournable « triangle éducatif », la famille, l’école et l’enfant. Tout le sens qu’on peut donner aux valeurs véhiculées se trouve dans l’interaction de ces trois pôles.
Le Collège est fier du travail fourni dans le cadre de ces deux triangles, qui sont interdépendants et se complètent dans l’intérêt unique de leur élément commun : l’élève !
Dans le premier, les enseignants, forts de la didactique de leurs matières, se font un souci majeur pour assurer une bonne transposition du savoir afin de faciliter les apprentissages et les acquisitions de leurs élèves.
Dans le second, l’école sollicite toujours la famille pour assurer une conception commune de l’éducation, un langage commun avec les enfants, afin de blinder fortement en eux, les valeurs essentielles acquises à l’école comme à la maison.
Certes, il est vrai qu’éduquer c’est nourrir et élever, qu’instruire c’est bâtir et outiller, qu’enseigner c’est indiquer et éclairer. Néanmoins, il est vrai aussi que notre métier de parent et d’éducateur est à redéfinir et à consolider pour pouvoir donner du sens à l’éducation, à l’instruction ou à l’enseignement. Chaque parent en famille, chaque éducateur à l’école, a un rôle important à jouer pour donner du sens à ces trois éléments de base de toute politique éducative.
Faut-il attendre l’action de l’Etat, qui tarde à venir, pour agir et réagir contre tout cet environnement hostile à l’ “élévation ” de nos enfants ?
Faut-il attendre le réveil de nos ministères pour réinventer notre métier de parent et d’éducateur ?
Non… et mille fois non. Le Collège s’est engagé et réitère son engagement. J’ai pleine confiance qu’à travers leur partenariat, leur collaboration et leur solidarité avec le Collège, les parents réaffirment vigoureusement leur engagement.
Dans l’espoir d’une plus grande sérénité à la rentrée de septembre, je souhaite à toute l’équipe pédagogique, à tous les parents et à tous les enfants, de bonnes vacances.
Angèle Moussallem
Directrice