Editorial
Les fondements du collège.
Tout le monde connaît la devise de la fondatrice du Collège, Madame Laudy Mitri, depuis l'ouverture de l'école : « Soyons à l'écoute de nos enfants ».
Nous avons toujours été, durant ces trente dernières années, fidèles à cette devise de vie, malgré les difficultés de tous genres : guerre, crise économique, évolution rapide des jeunes, etc. La qualité d'écoute n'a pas changé. C'est la forme de cette écoute qui s'est adaptée aux jeunes d'aujourd'hui.
Ecouter les élèves répond à plusieurs objectifs : éduquer, instruire, socialiser, accompagner, aider à grandir. Voilà les fondements essentiels de notre établissement.
Mais qu'est-ce qu'éduquer ? Qu'est-ce qu'instruire ?
Education vient du latin, « ex-ducere », qui signifie conduire hors de. L'éducation nous conduit hors de nous-mêmes, nous fait nous dépasser.
Instruction vient aussi du latin, « in-struere », qui veut dire faire entrer, construire à l'intérieur de nous-mêmes.
L'école est en fait une société à part entière, avec ses règles, ses codes, ses rites, en marge mais en parallèle de la société. C'est une forme heureuse de société. Elle assure une transition, un passage de la sphère de la famille à la sphère de la société . En famille, on subit ses parents ; à l'école, on se choisit, on se fait des amis. D'autant plus qu'à l'école, chacun est censé trouver la place qui lui convient, jouer le rôle qui lui plaît, définir la position qui lui sied.
Toute éducation comprend deux aspects distincts : un aspect contraignant, la discipline, qui réprime la tendance égoïste à satisfaire ses propres désirs au détriment des autres, et un aspect enrichissant, la culture, qui apporte les connaissances nécessaires à tout homme digne de ce nom.
Si l'école semble réprimer la liberté, en réalité elle ne fait que l'affiner et la consolider, l'asseoir et l'accroître. Elle réprime l'égoïsme pour que la culture puisse développer la raison en l'homme. Elle n'est contraignante, dans un premier temps, que pour forcer l'homme à sortir d'une liberté synonyme d'instinct à laquelle il tient tant, pour lui donner une chance d'accéder à la liberté humaine qui lui convienne, à savoir l'autonomie. Elle force donc l'homme à être libre, vraiment libre.
L'éducateur a pour but qu'un jour ses élèves se passent de lui, qu'ils n'aient plus besoin d'un maître, car ils seront leur propre maître. Si l'éducateur commande et contraint, c'est justement pour habituer l'élève a obéir, pour que, une fois libre, il soit capable de s'obéir à lui-même. Le maître n'est donc maître que par procuration ; il l'est à la place de l'élève, pour le compte de l'élève, en attendant l'élève.
L'école et la famille se complètent donc dans l'éducation et l'accompagnement des jeunes : ils doivent avoir la même qualité d'écoute, le même engagement mutuel, le même langage basé sur la franchise et le dialogue positif, dans le respect des limites éducatives minimales, l'objectif principal étant centré sur l'enfant et la construction globale de sa personnalité.
Voilà, en deux mots, les bases de notre éducation, les principes premiers de notre action éducative, les fondements mêmes de notre Collège.
La Directrice
Angèle Moussallem