Editorial
Un choc ou un dialogue
des cultures ?
L’année 2001-2002 est
déjà entrée dans l’histoire et
cela pour plusieurs raisons. D’une part, elle
a ouvert la voie à un nouveau siècle
voire nouveau millénaire, et d’autre part,
elle a été marquée depuis septembre
2001 par un débat, ô combien violent,
autour de la diversité culturelle qui prenait l’allure
d’un choc ou d’un affrontement plutôt
qu’un dialogue enrichissant de toute l’humanité.
La tâche de l’éducation, dans un
climat mondial aussi envenimé, est devenue
à la fois plus difficile et plus subtile. Les médias,
appuyés sur les nouvelles technologies de l’information,
ont fait éclater au grand jour les différents
et ont rendu la tâche éducative encore
plus délicate.
Le Liban se proposait d’accueillir en octobre un sommet
de la Francophonie sous le slogan du dialogue des cultures.
Le sommet reporté, le Liban voyait même «
le dialogue des cultures » remis en question. Ce slogan,
était-il effectivement vidé de contenu, insignifiant
? Insensé ? Ou bien au contraire, était-il
plus significatif que jamais, une sorte de défi à
relever face à la provocation d’un autre slogan,
celui du choc des cultures ou de l’affrontement des
civilisations.
En réalité, le Liban ne pouvait
pas hésiter à faire son choix, puisque ce
dernier s’inscrit dans sa vocation d’être
un foyer d’ouverture et de dialogue.
Ainsi une mission du Liban se précisait encore une
fois et c’était celle de témoigner d’une
autre logique que celle de l’affrontement destructeur.
C’est la logique du dialogue et de l’échange
enrichissant qui peut le mieux exprimer une nostalgie de
convergences de l’humanité entière autour
de valeurs humaines universelles.
L’école n’est pas un
îlot perdu dans le paysage du monde. Elle est une
structure de formation de l’individu et du citoyen
au cœur même de l’actualité locale
et internationale.
Naturellement l’école devait se situer dans
ce débat et prendre position. Armée de la
richesse du tissu social et humain libanais, l’école
s’est située dans la tradition d’ouverture
à l’Orient et à l’Occident.
L’Orient et l’Occident étaient appelés
à se croiser en nous et chez nous et à se
traduire en ce charme particulier du Liban.
Le Collège Melkart ne s’est
pas embarrassé devant la querelle entre le choc ou
le dialogue des cultures. Il a intensifié la formation
au dialogue et à développé ses moyens.
La direction du Collège et l’équipe
pédagogique se sont attelés plus que jamais
à la tâche de transmettre aux élèves
les valeurs humaines les plus fondamentales et surtout le
respect de l’autre, sa reconnaissance, le sens du
partage, le sens du bien commun, la solidarité sociale
et humaine, la collaboration internationale, le respect
du droit…
Plus le débat devenait endémique
entre les protagonistes, plus l’action s’accélérait
au Collège Melkart pour former des citoyens éclairés,
modérés, ouverts, épris de justice
et d’équité, ayant le sens du droit
et la volonté d’être efficaces dans leur
pays et dans le monde.
Nos élèves ne seront
pas dépaysés, ils ne seront pas non plus marginalisés
ou exclus. Ils seront actifs, utiles, et feront certainement
la différence.
Du moins, c’est la stratégie du Collège
Melkart de former une élite agissante et qui, en
imprégnant le cours de la vie à tous les niveaux,
fera parler d’elle, infléchira les impulsions
du mal et développera les valeurs du Bien Commun.
Cela traduira de la plus belle façon la mission civique
à la fois nationale et universelle de l’école
et c’est la mission que le Collège Melkart
a choisie.
La Directrice
Angèle Moussallem