Editorial
Trente ans déjà
!
Notre 2ème parution
correspond cette année au 30ème anniversaire
de la Fondation du Collège Melkart. C’est pourquoi
nous sommes en droit d’exprimer une nostalgie
et de faire un bilan : une nostalgie d’un temps
qu’on croyait heureux ou du moins paisible alors
que l’effervescence préparait des années
malheureuses d’hostilité.
Au seuil des années
70, on pensait que le Liban avait atteint sa vitesse
de croisière comme projet de société
et d’état démocratiques, traduisant
à la fois une exception et un exemple dans
une région déchirée par les conflits
multiples. Une nostalgie aussi à l’égard
d’une fondatrice, Laudy Mitri, qui s’était
consacrée à une action éducative d’envergure
pour traduire son amour pour le Liban et pour les valeurs
humaines à travers la formation de jeunes générations.
Nous serions fidèles
à Laudy Mitri dans la mesure où nous veillions
au maintien de ces valeurs au cœur de nos préoccupations
dans notre activité à Melkart.
On dit que 30 ans sont un
âge de raison, de sagesse, de stabilité. Portons-nous
ces 30 ans ?
Le parcours du Collège
n’a pas été simple, ni facile et nous
avons eu plus d’une fois à relever les défis.
Jusque là, nous y avons réussi grâce
à l’amitié que les familles de nos enfants
ont manifestée à l’égard de Melkart,
de même qu’à la solidarité exprimée
en permanence par ces familles et par le corps enseignant
et les divers collaborateurs.
Nous pouvons à présent affirmer sans hésitation
que nous sommes une famille Melkart, déjà
forte pour surmonter les difficultés et aller de
l’avant. Nous mesurons aussi l’effort remarquable
déployé par le corps de nos éducateurs
et enseignants pour renouveler les méthodes éducatives.
Il était indispensable de s’adapter à
l’évolution très rapide que le monde
de l’éducation et du savoir avait subie au
cours des dernières décennies. Aujourd’hui
nous sommes confiants que notre action auprès des
jeunes élèves est solide et prometteuse. Cela
revient à notre souci de transmettre à la
fois un savoir-faire et un savoir-être, car nous sommes
responsables de la formation du citoyen en même temps
que de l’homme et de la femme de carrière.
Ce bilan rapide me fait penser
que l’éducation est une noble entreprise et
qu’elle nous permet de contribuer de notre personne
et non seulement de notre savoir. C’est une entreprise
où on se sent interpellé mais aussi où
on peut laisser son empreinte.
L’ingéniosité
et la générosité de cœur dont
ont fait preuve les collaborateurs au second numéro
de notre Phénix, enseignants, administratifs et élèves
me font croire que le ton a été donné,
que l’empreinte de Melkart sera authentique et que
le Collège s’étendra à travers
la destiné de ses Anciens.
Je vois déjà
le Phénix de Melkart voler bien haut et traverser
fièrement l’espace et le temps.
La Directrice
Angèle Moussallem