Editorial
L’éducation, quel noble métier
!
De toutes les entreprises
humaines, celle qui est la plus attachante et
la plus motivante, c’est bien l’éducation.
Elle est délicate,
c’est vrai et nécessite persévérance
et dévouement. C’est pourquoi elle
présente de l’intérêt pour les uns
plus que pour les autres.
L’éducateur est souvent conscient de la
spécificité de son activité
professionnelle et celle-ci finit par envelopper toute sa
vie et par la modeler en fonction des exigences
de son métier et des attentes des jeunes
élèves.
L’éducateur a en permanence un double-souci
: celui d’être au faîte du savoir
et du progrès et celui de transmettre ses
connaissances aux nouvelles générations. Cela
suppose un savoir-faire. Il s’agit de la pédagogie
et de la didactique parce que l’essentiel de l’éducation
n’est pas la transmission quantitative d’informations,
mais la formation des capacités intellectuelles et
spirituelles d’un être humain. Ainsi cela contribue
à l’émergence de la personnalité
singulière de chaque élève dans son autonomie
et sa pleine liberté.
Dans cette phase de la vie nationale, l’éducation
s’avère être une activité extrêmement
importante en raison des enjeux actuels et parce qu’elle
doit poursuivre ces trois finalités essentielles en
même temps :
1 – Une finalité
éthique dans la mesure où elle est censée
doter les élèves des valeurs morales les plus
fondamentales qui devraient constituer un noyau dur, un axe
qui structure leurs comportements, leurs choix et leurs opinions
à la fois dans leur vie professionnelle et personnelle.
C’est une tâche bien difficile dans un après-guerre
mais elle n’en est que plus indispensable.
2 – Une finalité
patriotique puisque l’éducation scolaire est
un maillon essentiel dans la chaîne des rapports sociaux
qui forme à la citoyenneté. Au Liban, l’école
qui accueille des libanais de toutes les régions du
pays assure un climat de convivialité, d’échanges,
d’amitié dans le respect mutuel des uns et des
autres. Elle contribue très certainement à développer
en chaque élève une fierté appuyée
sur le respect des différences et des libertés.
A Melkart, éducateurs et élèves vivent
cela au quotidien.
3 – Une finalité
humaine et quelque peu universaliste car en définitive
l’éducation ne peut être qu’humaniste,
articulée autour des valeurs universelles qui sont
énoncées d’ailleurs dans la Déclaration
universelle des Droits de l’Homme dont l’humanité
a fêté récemment le cinquantenaire.
N’est ce pas au seuil
du troisième millénaire que le monde est devenu
un village planétaire ? Les élèves aujourd’hui
doivent donc être formés à l’ouverture,
à la tolérance, à l’échange
et à la communication aux dimensions de toute la planète.
L’on voit bien que
ces trois finalités rendent l’éducation
tâche complexe, porteuse et prometteuse. Cela ne la
rend que plus noble et plus passionnante.
En ces quelques lignes, j’ai retracé des idées
qui reviennent fréquemment dans les débats entre
éducateurs et enseignants au Collège Melkart.
Je dois toutefois préciser que ces missions dévolues
à l’enseignement scolaire s’expriment bien
dans le profil du phénix qui est le nom porté
par la présente revue du Collège.
Le Phénix est cet oiseau rare qui vole bien haut mais
qui embrasse de ses ailes toute la terre. Il est liberté,
fierté, ouverture, compréhension et idéalisme.
N’est ce pas la meilleure image de l’éducateur
face au monde, face à ses élèves ?
C’est bien vrai, il n’y a pas métier plus
noble et plus riche en soi que celui de l’éducateur
et le Phénix traduit bien cette richesse et cette noblesse.
Puisse ce premier numéro du Phénix de Melkart
en témoigner…
La Directrice
Angèle Moussallem
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