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Rédigée
par :
Nour
Obeid
Shirine Mezher
Rhéa Kanaan
Stéphanie Khoury
Classe de 4ème B
Année scolaire
2003-2004
Cécile marchait sous la neige, errant dans toutes
les rues, dans tous les coins, cherchant refuge de ce
vent glacial qui gelait jusqu’aux os. Elle, sans avoir toujours
rien à signaler, elle maudissait son oncle, son
cousin de l’avoir chassé de chez eux sans
se soucier de son sort. Enfin elle se réfugia sous les voussures
d’une porte en s’abritant de son mieux.
Sans doute elle n’avait échoue là, qu’après
avoir longtemps battu la ville car elle y était
tombée de lassitude. La faim qui ronge, le froid
qui tue, l’abandon dernier ; elle cessait de lutter, il ne
lui restait que le recul physique, l’instinct
de changer de place, de s’enfoncer dans ces vieilles pierres,
lorsqu’une rafale faisait tourbillonner la neige.
Bien des gens passent leur vie sans que quelqu’un ne se soucie
jamais réellement d’eux. Et tandis qu’elle s’enfonçait
dans les profondeurs de la nuit, et dans la tombée lente
et obstinée de la neige qui continue, le froid qui semblait
augmenter avec le blafard, on n’entendait qu’un lointain
bruit de voix, dans la sourde épaisseur du grand linceul
blanc qui couvrait la ville. Sauvage, honteuse de son abandon, mais
malgré ça entra dans la mort en extase.
Elle était morte sans trop d’agonie. Et son corps teint
rose, devenu blanc sous sa couverture de neige blanche gisait, semblait
vouloir à tout le monde son sommeil éternel, leur
ignorance d’elle et surtout à ceux qui l’ont
indirectement tuée.
Henri -oncle de Cécile- buvait son café
lentement tandis qu’il expliquait à son fils Joseph
que Cécile allait sûrement trouver refuge chez quelqu’un,
et qu’avec sa beauté elle n’aura aucun mal à
en trouver. Elle ferait la prostituée lança-t-il en
chuchotant. Joseph hurla en aboyant: «Ce n’est pas une
putain ». Et il courut vers la chambre, pour prier à
la survie de sa cousine un peu plus tard. Joseph était un
grand jeune homme de seize ans, beau garçon au teint blanc,
les cheveux blonds, et les joues légèrement roses.
A son cou pendait une croix en or offerte par Cécile à
sa première communion. C’était un très
grand croyant, un bon étudiant et spécialement un
être juste.
Trois semaines et deux jours passèrent, on reçut la
mort de Cécile en plein fouet. Joseph pleurait amèrement
dès qu’il regardait la maison vide, si vive autrefois.
Cécile a été élevée et recueillie
par l’oncle Henri. Elle reçut les pires traitements
pourtant elle était souriante toujours charmante. Elle et
Joseph étaient très proches, ils jouaient, dansaient,
chantaient, se bagarraient, se disputaient ensemble mais ils s’aimaient
bien. L’oncle Henri la chassa car elle a renversé de
la soupe sur lui, riant fortement et avec ironie.
L’oncle Henri paraissait normalement calme comme si rien ne
s’était passé. Mais au fond, il brûlait,
pleurait, et les remords rongeaient son cœur. Il ne l’aimait
pas trop mais il fallait l’avouer, il se sentait responsable
et terriblement accusé par lui-même. Cécile
se réveilla…
Elle ne voyait rien. Tout était noir et
obscur. Où était-elle ? Elle se rappelait qu’elle
avait cédé à cette mort tranquille. Alors c’est
ça la mort? On ne sentait rien, ne voyait rien. Ce qui nous
entourait était le vide, le noir?
Puis soudainement, comme par enchantement, elle
vit clair. Elle se situait à l’endroit même de
sa mort l’autre nuit. Même vêtement, même
teint, même allure…tout.
Elle se leva et s’approcha d’un vieux passant agrippé
à une canne. Elle lui demanda : «Ou sommes nous ?s’il
vous plait. ». Il répondit : « a Windflost ».
Donc c’était bien là. Elle se serait donc endormie,
juste endormie.
Elle décida de continuer sa marche comme si de rien n’était.
Et voici qu’elle passait près d’un cimetière,
elle vit un tombeau et parmi tous ces cercueils, plongé dans
une intense lueur sombre, elle vit le nom«Cécile Troyat
1889 a 1905», morte sous la neige et par le froid et la faim.
C’était elle! Elle n’arrivait pas à croire
ceci. Elle était morte donc? Et pourtant elle existait! Qu’est
ce que cela signifiait?
Cela lui faisait tout drôle de se sentir
morte. Pourtant une chose la préoccupait et elle n’arrêtait
pas d’y penser. Pourquoi est-elle revenue ? Ceci ne se produisait
que dans les contes de fée. Ils revenaient généralement
pour se venger. Si c’était le cas, de qui ? De l’oncle
Henri et Joseph sûrement ! Oh oui, Joseph autrefois rigolo,
gentil, méchant et puis …maintenant traître.
Et l’oncle Henri, si méchant et cruel. Son trouble
grandissait. Au fur et à mesure qu’elle avançait,
elle arriva enfin devant une boulangerie, elle dégageait
une odeur fade qui lui chatouillait le nez. Elle s’arrêta
un moment pour contempler cette place d’où elle passait
souvent pour acheter du pain. Soudain, Joseph sortit avec un sac
de pain sous le bras. Il regarda Cécile et fut frappé
de stupeur, demeura interdit devant cette apparition, et surpris
par son arrivée imprévue.
Son visage exprimait une surprise terrifiante,
anormale et surprenante. Son regard avait changé. Il avait
des yeux écarquillés, démesurément ouverts.
Son teint se faisait livide, blême et cadavérique.
Il laissa tomber le sac de pain, la bouche entrouverte, le souffle
coupé, s’échappa en balbutiant des mots incompréhensibles.
Ce fut la première fois qu’elle vit Joseph après
sa mort. Cécile avait l’air amusé, cependant
elle poursuivit son chemin vers la maison de l’oncle suivant
le chemin de Joseph.
Joseph courait, haletant, sans savoir où
! Il avait vu Cécile qui, pourtant était morte. Il
se disait que c’était sûrement son imagination
qui lui jouait des tours, et qu’il ne fallait pas se mettre
dans cet état là !!! Pourtant quand il l’a vue
il sentit qu’elle le prévenait de sa vengeance. Ce
regard perçant et menaçant le fit tressaillir et il
s’arrêta pour reprendre son souffle et se calmer de
cette émotion.
Il ne va rien nous arriver. Non, il ne va rien
nous arriver…, Pas à nous, pas à moi, j’ai
rien fait…Non, il n’arrivera rien…, n’arrêtait-
il pas de répéter.
Il continuait de halluciner, on aurait dit qu’il
devenait fou. « Oh ! Le pain, c’est pas grave j’irai
chez Mme. Rousselier en apporter d’autre mais avant il faut
se calmer» criait-il.
Pendant ce temps, un vent glacial balayait le sol irrité
par la neige fondue. Cécile s’engagea dans une rue
sombre, déserte. Les immeubles étaient endormis uniquement
teintés par la lueur rose des lanternes presque éteintes.
Elle s’arrêta, et s’assit sur un petit banc en
marbre pour étudier la situation.
Au-dessus du banc, se trouvait un olivier et à ses pieds
dormaient divers plants verts à moitié fanés.
Soudain, toutes les lanternes s’éteignirent et Cécile
se trouva coincée dans le calme de la nuit. Le ciel semblait
furieux et bientôt le vide enveloppait ses bras, sans lâcher
prise jusqu’à ce qu’elle étouffât
et se dégageât de son coin.
Tout en marchant, elle entendait des voix. Des
voix de passagers, puis l’oncle Henri qui la chassait, vit
Rosalie la servante la regarder avec des regards furieux. Joseph
un sac dans ses bras, de la soupe, des cris, le froid. Elle s’accroupit
pour essayer de se rattraper, mais s’évanouit.
Bientôt, les passagers s’arrêtèrent
pour la regarder secouer sa tête comme une folle puis elle
était a terre. Un groupe s’était rassemblé
autour de la jeune revenue, on chuchotait et montrait du doigt en
la désignant, reconnaissant les traits de son visage.
Parmi la foule, Joseph guettait la malade. Il ne
voyait rien du tout, alors il se rapprocha. Ce fut un coup terrible
ce qu’il vit.
Cécile est vivante ? ! A la suite, c’était lui
qui s’évanouit. Et quand Cécile se réveilla,
elle vit Joseph et comprit tout de suite qu’il l’avait
vue. Elle se réjouissait à le voir ainsi. Elle évita
qu’il la voie pour qu’il ne reçoive pas une autre
attaque. « Jamais deux sans trois » disait-elle avant
de partir. Cécile arriva devant la maison de son oncle. Elle
guettait l’arrivée de quelqu’un et tendait l’oreille
avec prudence pour s’assurer que personne n’est aux
alentours. Elle entra.
Dans la grande maison où elle avait passé sa jeunesse,
Cécile s’attendrissait devant chaque chose qu’elle
qualifiait d’après sa petite histoire, la porte de
derrière par où elle est entrée, donnait sur
la cuisine. Cécile, auparavant, avait fait la bonne de son
oncle, ici.
La cuisine, d’un goût raffiné, d’un style
propre et ferme, paraissait bien appartenir à un richissime.
Il y avait une table ronde, au milieu couverte d’une nappe
frappante, dévoilant fièrement les prairies. À
côté, se plaçaient d’imposantes chaises.
Au coin, des armoires froides cachaient leurs clients d’un
air discret qu’on aurait dit qu’elles étaient
vivantes. Et au-dessus du levier, quelques ustensiles pendaient
sans émettre de sons. Dans l’autre bout de la cuisine,
la machine à laver faisait rouler le linge sale. Le four
bouillonnait de la soupe au vermicelle, dégageait un petit
nuage de vapeur. Quant au réfrigérateur, il ronflait
tranquillement dans son coin.
Cécile se promenait à travers la cuisine quand la
voix de l’autre nuit lui revint. Et, par malchance, Rosalie,
la seconde servante, venait. Elle entendit ses pas. Alors, elle
courut vers l’ancienne armoire des bagages délaissés
et s’y réfugia. Elle se balançait pour calmer
le bruit qui lui ordonnait de tuer les habitants de cette maison.
Par la fente de la porte à peine entrouverte, la jeune fille
voyait son oncle siroter une tasse de thé. Son cœur
et son corps criaient vengeance. La voix continuait: “tue-les,
ordonnait-elle, tue-les”. Puis soudainement, elle murmura
rapidement des choses incompréhensibles pour l’attirer
à l’art de tuer. Cécile étouffait, elle
ne supportait plus cette voix. Joseph entra : “papa, papa
! J’ai vu Cécile. Elle est vivante. Je te jure que
c’est vrai…
-Mais qu’est ce que tu parles. Ce n’est pas possible
voyons. Elle est morte, il faut que tu t’y fasses.
- S’il te plaît, papa, crois-moi.
-Sois raisonnable voyons.”
Alors Cécile se mit à rire orgueilleusement. Le mal
l’avait envahie. Sa voix résonnait dans le salon. Henri
et Joseph l’entendirent. Un frisson parcourut le dos de Joseph,
il reconnut la voix de sa vieille cousine. Henri ordonna à
son fils de fermer la porte du salon fermement, celui-ci exécuta
sans tarder.
Cécile était aveuglée par le mal. Elle ne pensait
pas à ce qu’elle faisait. Elle traversa la porte sans
faire de dégâts, ce qui est surprenant, et vit Rosalie.
La servante hurla d’une voix rauque, elle voyait le regard
malfaisant qu’elle n’avait jamais vu chez sa compagne.
Alors elle s’enfuit. Cécile avança vers la cuisine
et prit un couteau qu’elle rangea aussitôt dans sa poche.
Après cela, elle traversa le mur par miracle pour se ranger
derrière le tableau de Louis XIV. Elle perça les deux
yeux du personnage qu’elle connaissait par cœur et examinait
chaque mouvement. L’oncle et son fils s’enlaçaient
les yeux fermés. Ils étaient affreusement terrifiés.
Assis dans un coin au fond de la pièce, ils tremblaient jusqu’aux
pieds après l’apparition de Cécile. Ils appelaient
Rosalie. Ils apprirent qu’elle s’était enfuie.
La jeune fille éclatait de rire et une larme s’écroula
sur son visage. Le bon côté de son cœur se révoltait.
Mais toujours contrôlé par le mal qui la possédait,
sa voix chantait son rire. Elle dit toujours en riant : “Vous
allez payer pour le mal que vous m’avez fait.
-Pardonnez-nous, je ne voulais pas enfin on ne voulait pas te faire
du mal.
- Quels mauviettes vous êtes. Maintenant que je suis obligée
de vous tuer pour reposer en paix vous regrettez et vous me suppliez
de vous épargner. Je suis désolée mes chers.
-Ce n’est pas toi Cécile. Elle, elle était incapable
de faire ça.
-Eh si, c’est moi.
-Arrête, la vengeance t’aveugle.
-Je sais, oui, et je suis désolée pour vous.”
À ce moment, elle parcourut le mur. Arrivée derrière
son oncle, elle retira son couteau dont la lame étincelait.
Elle franchit le mur et surgit près de son oncle et le transperça
de son couteau. Joseph, qui était déjà près
de la porte pour s’enfuir, vu la terrible scène où
son propre père était assassiné devant ses
yeux. Il pleurait des larmes comme le feu. Il était à
la fois désolé pour son père et voulait se
venger, mais il savait qu’en fin de compte Cécile avait
raison. Le sang s’élargissait, formait une rivière.
Joseph s’enfuit, horrifié et dégoûté
de la dureté qui envahit l’âme de sa cousine.
Sur le visage de Cécile, se dessina un sourire narquois tandis
qu’au fond, elle s’étonnait d’elle-même.
Elle allait à sa recherche tranquille, marchant doucement.
Son instinct la guidait. Dans la forêt isolée où
Joseph aboutit, il se trouvait dans un campement abandonné.
Un feu éteint chassait de la fumée grise. Joseph s’arrêta
de courir haletant pour reprendre son souffle, D’un clin d’œil,
Cécile était là, en pleine forme. Elle avança
vers son cousin qui reculait sur ses quatre pieds, et tomba sur
le feu de camp. Alors Cécile claqua des doigts et le feu
s’alluma.
A cet instant précis, un nuage voila le soleil. Les hautes
flammes qui dévoraient le cercueil n’en parurent que
plus éblouissantes. Un éclat doré scintilla
fugitivement au cœur de la fumée noire. C’était
la croix en or que Joseph portait sur sa poitrine.
Puis étrangement, son corps apparut à travers les
flammes, comme s’il avait été encore protégé.
La cage de vannerie disparut dans un dernier embrasement enveloppant
Joseph de son incandescence. C’était la lumière
qui l’emportait vers l’au-delà. Et tandis que
le Saint-Esprit illuminait à jamais son âme, “Je
t’aime Cécile” cria t-il, puis il entra dans
la mort en extase.
Cécile était vengée. Mais parfois, la victoire
a un goût amer quand on ne peut pas le vivre avec ceux qu’on
aime. A peine avait-elle achevé ses proches qu’elle
se sentit mal en point, c’est vrai qu’elle n’a
pas pu se contrôler et que c’était trop tard
pour regretter quoi que ce soi. C’était fini, elle
disait adieu à ce monde de malheur, où la violence
et les souffrances ne finissaient pas, où la guerre oublie
qu’elle joue du sort des millions de gens. Elle avait fini
sa mission et subit le même sort que ses proches.
Il ne faut jamais rechercher la vengeance et répondre
au mal par le mal, en fin de compte chacun aura sa punition dans
cette vie ou l’autre.
Présentée
par :
Stéphanie Khoury
Shirine Mezher
Rhéa Kanaan
Nour Obeid,
Cécile fut élevée par son
oncle et son fils qui la recueillirent chez eux après la
mort de ses parents. Pour une raison banale elle fut chassée
de chez eux, que deviendra t-elle lorsqu’elle saura que son
sort est lié au restant de sa famille ???
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